Tanella Boni est née à Abidjan. Poète, romancière, essayiste et philosophe, elle est professeure à l’Université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan. Membre de l’Institut international de philosophie (Paris) et de l’Académie des arts, sciences et cultures d’Afrique et des diasporas africaines (Abidjan). Son ouvrage Là où il fait si clair en moi a reçu le Prix Théophile Gautier de l’Académie française (Bruno Doucey, Paris, 2017).

Habiter selon Tanella Boni

Y aurait-il sur la Terre plusieurs catégories d’humains ? Ceux qui habitent chez eux parce qu’ils ont un toit et des droits et ceux qui, sans toit, vivent de passage, en transit ou sans domicile fixe, au gré des intempéries ? Habiter c’est voir l’horizon, c’est ouvrir son chemin ou son espace, c’est admirer un ciel étoilé parce que l’on sait où se trouve son toit, même si celui-ci change d’emplacement à chaque instant. Habiter, c’est inventer de la vie là où il n’y en a pas.
Je rêve de voir le monde devenu habitable, de part et d’autre des frontières, et d’abord dans les pays de départ.
D’hier à aujourd’hui, habiter est une lutte perpétuelle. Oui, l’Homme pourrait « habiter en poète » comme le disait Hölderlin. Pourvu que le poète ait les yeux ouverts et les pieds sur terre.
Habiter est l’un des verbes que j’entends depuis toujours. Je cherche à savoir jusqu’où s’étend son champ. Il est temps que je dise pourquoi.

Collection Paradisier

 

« Le respect que nous souhaitons obtenir de chaque homme envers les cultures différentes de la sienne n’est qu’un cas particulier du respect qu’il devrait ressentir pour toutes les formes de la vie. »
Claude Lévi-Strauss, Race et Histoire, 1952

Les enjeux liés au respect de la biodiversité sont rarement mis en relation avec ceux du respect de la diversité culturelle, qui leur sont pourtant étroitement liés.
Les cultures reflètent pourtant l’expérience millénaire de l’humanité sur Terre, et leur adaptation permanente aux aléas de leur temps. Elles sont une source immense de connaissances, de savoirs et savoir-faire accumulés et transmis de génération en génération, et une ressource potentielle pour des défis à venir. Elles sont enfin le terreau à partir duquel la créativité de chacun s’exprime, mêlant la diversité de ses influences et de ses expériences pour produire au-delà sa vision unique du monde. La diversité culturelle doit à ce titre être préservée, stimulée et enrichie.
La collection « Paradisier » vise, par une lecture croisée et cumulative de ses différents titres, à appréhender notre appartenance à une commune humanité malgré l’apparente diversité de nos expressions. Elle cherche à illustrer la façon dont les cultures façonnent de manière diverse nos comportements, en aidant à en saisir la légitimité interne et la rationalité.
Chaque auteur est invité à choisir un verbe et à construire une narration sur ce qu’il revêt, SELON lui, se nourrissant des influences culturelles nécessairement multiples qui lui sont propres.

Cécile Duvelle, directrice de collection PARADISIER
 

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Dans la même collection :
Soigner selon Philippe Benkemoun
Lutter selon Patrick Bard
Marcher selon Bernard Rio
Aimer selon Véronique Tadjo
Rencontrer selon Patrick Chamoiseau


Dans la collection Paradisier - beau-livre
Le jour des morts, Mexique (Patrick Bard)

Sortie / 

Octobre 2018

Prix/ 14,5 €

ISBN / 978-2-37375-075-1

Caractéristiques / 

15 x 21 cm - 128 pages

Avec le soutien d’Occitanie Livre & Lecture – Programme soutenu par la Région Occitanie